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Une commission du sénat français a rendu public en octobre 2012 un rapport sur les pesticides et la santé.

Le rapport peut être lu en cliquant ici.

En bref :

Conçues après la seconde guerre mondiale dans une logique productiviste, les pratiques industrielles, agricoles et commerciales du marché des pesticides ont malheureusement négligé les  impacts sanitaires et les effets perturbateurs endocriniens de ceux-ci après leur mise sur le marché.

De nombreuses propositions sont faites par les sénateurs français : 

- revoir la validité des autorisations de mises sur le marché au bout de cinq ans

 - harmoniser les procédures d'autorisation de mises sur le marché entre les Etats européens et renforcer la coopération transfrontalière contre la fraude

- rendre publiques les études sur la santé : seuls des tests sur les effets à long terme sur la santé de l'ensemble des substances contenues dans un produit et sur les effets synergiques, ou cocktails, peuvent assurer une évaluation complète

- améliorer la protection contres les pesticides

- plusieurs recommandations portent sur les équipements de protection individuelle dès la conception  du pesticide 

-  formuler les produits sous forme liquide plutôt qu'en poudre, améliorer leur conditionnement et instaurer la tenue d'un registre des expositions professionnelles tant dans les usines de fabrication que dans les exploitations agricoles

- améliorer la reconnaissance des maladies professionnelles.

- réorienter l'agriculture, renforcer la formation et la recherche

 - ne traiter que les zones infectées des cultures.

A plus long terme, il s'agit plus fondamentalement de réorienter l'agriculture : respect des principes de base de l'agronomie, diversification des cultures, maintien de la qualité des sols, agroforesterie, rotations des cultures, permacultures, cultures bio, recours aux préparations naturelles peu préoccupantes …

A noter encore que le rapport des sénateurs français porte sur les 2 utlisateurs de pesticides les plus importants que sont l'agriculture et les collectivités/privés. Mais les discussions concernant les pesticides doivent s'inscrire dans une vision économique plus large que le seul lien productions/usages/effets:

- logique productiviste qui mène à un quasi monopole dans un grand marché de libre-échange: production agricole à grande échelle et intensive; brevets sur les semences afin de cadenasser l'économie en créant un passage obligé par un certains nombres de sociétés; brevets sur le vivant; politique de rachat systématique de sociétés dites concurrentes; infiltration dans les rouages de la recherche scientifique et des sphères décisionnelles régionales, nationales et supra-nationales; dénigrement systématique des forces d'opposition ou alternatives qu'elles soient d'origine scientifique ou émanant de la société civile, au besoin via des sociétés de communication ou des procès aux tribunaux; ...

- logique d'usage des pesticides menant les consommateurs et les décideurs à les intégrer comme une nécessité incontournable, inévitable et progressiste: création de besoins nouveaux par effet de combinaison engrais-pesticide, pesticide-propreté; spéculation et communication sur la création de ces nouveaux besoin (besoin de répondre à la crise alimentaire en augmentant la production agricole, nettoyer son jardin pour éviter les 'mauvaises herbes'; dénigrement systématique des alternatives telles la culture biologique ou l'agro foresterie et leurs résultats en termes de rendement et d'efficacité; dans un premier temps nier tout effet secondaire quel qu'il soit, puis dans un second temps créer le doute en matière de corrélation des effets; nier et ignorer la nécessité d'autres ressources telles que l'eau et la terre pour l'usage des pesticides, ainsi les pesticides sont 'traités/analysés/visualisés' de manière autonome.

Cette vision restrictive évite d'envisager les pesticides comme des résidus, des détritus à recycler, ignore volontairement les effets actuels simples ou combinés (cocktail) sur la vie qu'elle soit du sol, de l'environnement, de l'humain de la faune et la flore, lutte activement contre toute alternative de production et de consommation ....
 
Le sujet est tellement vaste et l'enjeu pour la biodiversité est majeur ...