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Visite d’une sation de « baguage » à Nodebais avec Vincent Bulteau, le  25/8/13

Dans le cadre du PCDN de la commune de Nodebais, l’asbl La Hulpe Nature a été reçue par Vincent Bulteau dans la station de baguage installée depuis 1999 dans un bassin d’orage. Ornithologue et bagueur passionné, conseiller en environnement de la commune, membre fondateur de La Hulpe Nature et ami, Vincent nous a accueilli de façon très professionnelle et très chaleureuse.

L’animation nous a permis d’observer des professionnels à la tâche, de comprendre l’utilité toujours d’actualité du baguage d’oiseaux et d’apprécier plus encore, si c’est possible, la gent ailée ! Vincent nous a laissé voir, admirer les oiseaux de près et nous a en plus vraiment donné un cours sur la mue des différentes espèces rencontrées.

Ci-dessous, sommairement, un résumé de ce que nous avons appris ce matin-là :

Record journalier de cette année : 245 oiseaux

Record de la station : 600 oiseaux

Le baguage se déroule dans un bassin d’orage planté , et en équilibre écologique, et profitant tant aux chauves-souris qu’aux oiseaux.

Le pourquoi et le comment du site nous est expliqué. Pourquoi baguer ici ? 

Petite histoire :

Quand on part en vacances en voiture, on fait le plein … notre réservoir se vide… On doit refaire le plein, trouver une station service. On peut facilement faire un parallèle avec les oiseaux ! Ils peuvent perdre quasi la moitié de leur poids en une nuit de migration et doubler leur poids en quelques jours !

Ainsi, un oiseau (une phragmite) très faible et sous le poids minimum fut repris, avait alors plus que doublé de poids au point qu’il ne pouvait quasi plus voler et a dû se « mettre à la diète » avant de repartir !

Les oiseaux avant de migrer se font une bouée de graisse, autour du cou, de la poitrine et au cloaque.

Autre petite histoire : on cherche des tomates… pas de tomates ! Ou on change de supermarché ou on change de nourriture.  Les oiseaux font pareil !

Les fauvettes, par exemple, insectivores en été, deviennent frugivores en migration ; elles mangent des baies de sureau.

En fonction des paramètres et de la prise de poids des oiseaux repris, une gestion sera élaborée sur le site.

Le saule (surtout marsault) est important pour les insectes butineurs car il est précoce. Mais la vie est en dormance dessous ; il a tendance à tout envahir. Donc à surveiller.

Poids de non-retour ! Dû à un problème de jauge d’essence, ou l’oiseau est malade ou bien c’est un jeune inexpérimenté. C’est très souvent le cas pour les oiseaux rares. S’il est du bon côté de la ligne, il repartira….  Sinon il meurt sur place ! Là, on parle d’individus (exemple les oiseaux rares qu’on coche !).

Espèces observées :

Les Pouillots sont bagués en priorité… Le Pouillot fitis, par ex, ne pèse que 7 à 9 gr, à comparer à un sucre de 6 gr ! On comprend aisément qu’il soit bagué immédiatement !

Emettre le chant des oiseaux (« la repasse »), permet de concentrer les oiseaux dans la vallée ; cela ne perturbe pas la migration.
NDLR : technique à ne pas utiliser à des fins personnelles, surtout au printemps car là, cela peut perturber (ndlr)

Fauvette grisette : mue complète en été… rectrices externes blanc isabelle pour le jeune…

Locustelle tachetée : elle migre pour l’Afrique centrale ; on ne connaît pas le type d’habitat qui l’héberge…

Pinson des arbres : en plumage juvénile, on ne peut reconnaître la femelle, d’un mâle.

Phragmite des joncs : normalement sa migration connaît un pic début août… elle va dans le Djoudje  (Afrique de l'Ouest) au Gabon (Afrique centrale). Ce qui est « amusant » avec cette phragmite, c’est qu’elle migre en ligne droite… Si on trace une ligne droite vers le Nord, on tombe sur une station de baguage Néerlandaise où l’oiseau est passé et plus au Nord en Norvège, même constatation. Sa trajectoire bifurque beaucoup plus bas.

Vincent nous parle d’Acrola (Acrocephalus paludicola). La Phragmite aquatique hiverne dans les zones humides au milieu des steppes. On peut enfin la protéger par un programme efficace et ce grâce aux données de baguage.

Fauvette des jardins : mue variable. S’il y a des plumes usées on a affaire à un adulte. 

Rousserolles effarvatte et verderolle : la mue se déroule en hiver. Il existe deux types d’usure : une mécanique et une chimique, due au soleil. 

Fauvette à tête noire : Avec 60-70.000 oiseaux bagués en Belgique par an, c’est l’oiseau le plus bagué. On voit une « Mix kop »…. Un juvénile dont on ne peut dire si c’est un mâle ou une femelle

Fauvette babillarde : sa population se situe plus à l’est ; une partie de celles qui sont baguées vient de l’est aussi.

Locustelle tachetée : elle effectue une mue complète en hiver… on peut observer sur cet exemplaire une décoloration.

Mésange bleue : Dries van Nieuweneus a prouvé que si un individu a un tarse grand, le mâle aura jusque 2 femelles et un mâle à petits tarses n’aura même pas de territoire.

Rouge-queue à front blanc : dont le front n'était guère blanc puisque les jeunes mâles n'auront le front blanc qu'au retour de migration après usure des plumes. En y regardant de plus près, on voyait  que le bas des plumes du front était effectivement déjà blanc!

 

 B. Chiwy